Magical Girl Boy Tome 01 et 02

Saki Uno et Sakuyo Mikage sont deux lycéennes qui tentent de percer dans la musique avec leur duo « Magical Twins » malheureusement le succès n’est pas au rendez-vous et lors de leur concert improvisé elle ne parviennent pas à vendre un seul CD. Pour ne rien arranger, le frère de Sakuyo, Mohiro, fait lui-même de la musique en duo avec son groupe « Star Prince ». 

Saki est amoureuse de Mohiro, le frère de sa meilleure amie Sakuyo mais celle-ci est amoureuse de Saki. Vous suivez ? Tant mieux.

Un jour Kokoro, une mascotte qui ressemble plus à un Yakuza qu’à une mascotte vient proposer à Saki un job de magical girl. Elle hésite mais voyant que Mohiro est en danger elle accepte et se transforme alors… en garçon.

Extra-diégèse

Je commence par ce point car c’est celui qui me fait le plus rire dans ce manga et c’est également la raison pour laquelle je suis un grand fan de Deadpool par exemple, il s’agit de la conscience qu’a Saki d’un monde extra-diégétique (en dehors de l’univers dans lequel elle est). En clair il arrive par moment que Saki soit consciente d’être le personnage principal d’un manga. Et cela commence dès les premières pages puisque dans la scène d’introduction un ennemi lance une attaque sur Saki et son bras devient blanc. Elle s’écrie alors :

« L’abruti ! Il sait qu’on est dans des pages couleurs ? Il espère gâcher notre entrée en scène le vilain ».

Ce jeu d’adresse au spectateur donne des scènes d’humour très originales car le procédé reste assez anecdotique dans les mangas en général et est utilisé à quatre ou cinq reprises dans les deux tomes.

What…The…Fuck

Rarement un titre aura aussi bien trouvé sa place dans une collection (Magical Girl Boy est classé dans la collection WTF?! des Éditions Akata ). Magical Girl Boy est une parodie du genre des magical girl, vous aurez donc tout au long de ces deux tomes des références amusantes et des clichés du genre qui sont démontés. Le premier et le plus flagrant étant évidemment le fait que lorsque les deux héroïnes se transforment elle se changent en homme… En homme habillé en lycéenne qui plus est.

Difficile dès lors d’imaginer que le récit sera sérieux à un moment. Magical Girl Boy est au genre du magical girl ce que OSS 117 est à au film d’espionnage, l’auteur a intégré tous les poncifs du genre et les utilise dans un contexte absurde.

Ainsi par exemple Kokoro (la mascotte) dit à Saki qu’elle est presque trop vieille pour être magical girl -elle à quinze ans- clin d’oeil au fait que dans ce genre toutes les héroïnes sont de très jeunes filles. La force de cette courte série c’est de rationaliser des évènements ou des manifestations magiques en prenant un peu de recul. Les magical girls dans tous les mangas sont des lycéennes ou des collégiennes ? C’est parce que pour en être une il faut avoir moins de quinze ans.  Combinez le fait que les filles ont besoin du pouvoir de l’amour pour se transformer au fait qu’elle se transforment en garçon et vous avez des situations délicieuses qui vireraient presque au Yaoi.

La bonne durée

Magical Girl Boy est une histoire qui ne dure que deux tomes et c’est parfait ainsi, car cela aurait pu devenir lourdingue si les tomes s’étaient enchainés. En effet ce manga étant une parodie d’un genre ces deux tomes suffisent à faire le tour de la question. On se marre bien, on passe en revue tous les clichés du genre et les situations absurdes fonctionnent parfaitement. En fait, l’histoire s’arrête avant que l’on commence à s’ennuyer ou que le rythme retombe. En ne s’étendant que sur deux tomes, l’auteur nous permet de ne garder qu’un bon souvenir d’une histoire drôle, condensée et délurée. À une époque où nombre de mangakas ne savent pas quand arrêter leurs oeuvres, ce choix est le bienvenu.

Le dessin au service du second degré

Impossible de terminer cet article sans parler du trait et du dessin car il est pour moitié dans l’humour. En effet les personnages sont par moments dessinés de manière sérieuse et à d’autres moment de manière loufoque mais les moments les plus drôles sont finalement ceux où les personnages sont dessinés de manière sérieuse et épique, qu’ils disent des choses graves et importantes et que la tenue de lycéenne des garçons vient complètement casser ce moment épique. Le dessin de Môkon Icchokusen se met parfaitement au service de son scénario et au final les deux fonctionnent parfaitement ensemble.

Pour qui ?

Clairement je ne suis pas un expert de ce genre, mes maigres connaissances viennent d’articles ou de Sailor Moon que je regardais à la télé en attendant que Dragon ball commence. Je n’en n’ai donc jamais été un grand fan. Mais ce manga étant parodique vous n’avez pas besoin d’être fan de magical girl pour l’apprécier. Mais si un profane comme moi a pu l’apprécier nul doute qu’un amateur du genre y verra encore plus de clins d’oeil, et pour peu qu’il ai un peu de recul vis-à-vis de sa passion, passera de bons moments de rigolade.


Magical Girl Boy – tome 1
Magical Girl Boy – tome 2

Scénario & Dessin: Môkon Icchokusen
Editeur : Éditions Akata
Collection : WTF?!
Date de publication : 23 Février 2017
Pagination : 130 pages (Tome 01) et 140 pages (Tome 02) Noir & Blanc
Prix : 7,50 €



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